Les entreprises face au changement climatique : nouvelles réglementations, adaptation ou transformation des business modèles.

La politique RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) devient un axe stratégique pour toutes les entreprises. Nombre d’entre elles y trouvent de nouvelles opportunités de développement, d’autres se noient dans des rapports interminables et craignent que la conformité soit trop complexe et coûteuse. 

L’échange de bonnes pratiques avec des groupes de travail par activités est l’outil le plus important, en particulier pour les PME. En faisant appel à des prestataires externes (cabinets de conseil, start-up professionnelles, cabinets de certification), les entreprises peuvent décrypter les demandes réglementaires et les demandes d’autres prestataires, souvent complexes et opaques, et mettre en œuvre de nouvelles pratiques. C’est compétitif.

Les réflexions sur des modèles économiques plus durables ont également créé de nouveaux concepts qui prendront de plus en plus d’importance dans les années à venir. Le développement de nouveaux produits et services environnementaux, la conversion à un modèle d’économie circulaire ou encore l’ingénierie frugale.

Le débat sur les dangers potentiels du réchauffement climatique n’est pas nouveau. De nombreuses recherches sur ce sujet ont mis en évidence les risques pour la Terre si les humains ne réagissent pas rapidement. Cependant, limiter le réchauffement climatique et lever des fonds pour les conversions bas carbone induit des surcoûts importants par rapport à la situation actuelle (activité normale). Il est clair qu’un tel besoin ne peut être satisfait par les seuls fonds publics Et il est important de lever des fonds privés.

Jusqu’à l’ Accord de Paris en 2015, le climat était un sujet extra-financier parmi d’autres.

Aujourd’hui, l’investissement responsable est au cœur des politiques financières et des stratégies de tous les acteurs. Mais le manque d’une réglementation claire est un obstacle à l’augmentation bien nécessaire du niveau des investissements durables. Toutes ces raisons ont motivé la proposition de la Commission Européenne concernant la création d’un cadre réglementaire visant à faciliter les investissements durables. 

La taxonomie va générer des effets positifs pour toutes les parties prenantes mais son implémentation sera difficile. De plus, la création d’une base de données fiable prendra du temps. Impulsée par le secteur financier, la taxonomie offrira une occasion unique pour les entreprises de présenter leur stratégie de développement durable et d’attirer de nouveaux investisseurs. C’est un outil dynamique qui devra continuer à s’améliorer, notamment via une plate-forme. Celle-ci permettra les échanges de bonnes pratiques et de nouvelles suggestions. 

Les avantages sont nombreux pour les grandes entreprises soumises à la taxonomie :  

▪ Une meilleure compréhension et prise en compte des risques de climat au sein de l’entreprise ; 

▪ Une base d’investisseurs plus diversifiée et un coût du capital potentiellement plus faible (amélioration des notes de crédit pour les obligations, inclusion dans des indices verts, etc.) ; 

▪ Un dialogue plus constructif avec les parties prenantes, en particuliers avec les investisseurs et les actionnaires ; 

▪ Une meilleure réputation de l’entreprise et une durabilité de son activité.  

Bien que les pratiques ESG soient vues globalement de façon positive, les entreprises soulèvent certaines problèmes ;  la priorité dans les prochaines années sera donnée à une amélioration de la pertinence et une stabilisation des déclarations non financières, une accentuation uniquement aux risques et opportunités considérées comme matériels par l’entreprise, un choix justifié des KPI (key performance indicator) clair et pertinent. 

Les enjeux RSE sont d’une grande importance également pour les entreprises non cotées, même si elles ne sont pas directement concernées par la communication non-financière.

Le sujet de la « transition énergétique » est d’autant plus stratégique que toutes les entreprises estiment que le changement climatique aura un impact, positif ou négatif selon les cas, sur leur activité. En revanche, il est beaucoup plus difficile de déterminer à quel horizon de temps les impacts vont devenir matériels.  

Les entreprises non cotées sont peu ou pas informées sur les réglementations telles que la TCFD (Task Force on Climate-related Financial Disclosures ), la Directive européenne ou la taxonomie. Les dirigeants sont partagés quant à l’élargissement de l’application de la Directive européenne aux entreprises non-cotées. En effet, ils craignent que la mise en œuvre soit très complexe et coûteuse, alors qu’ils disposent de moyens financiers et humains plus limités.  

Devenir une « entreprise verte » est un enjeu pour la plupart des sociétés mais c’est un processus long, qui se concrétise au travers de différentes actions déjà initiées, en cours ou à venir. Les sociétés sont toutes conscientes que pour rester compétitives sur un marché, il faut agir sur-le-champ. Une transition réussie passe par une collaboration plus étroite avec les clients et les fournisseurs mais aussi par un accompagnement dans la mise en place de bonnes pratiques et le financement des nouveaux besoins.  

 

Les réflexions pour rendre les business modèle plus durables ont fait émerger de nouveaux concepts qui devraient prendre de plus en plus d’importance dans les années à venir :  

▪ Le développement de nouveaux produits et services en respect de l’environnement : selon les secteurs dans lesquels les entreprises opèrent, les démarches diffèrent et les « angles d’attaque » varient.  

▪ La transformation vers un modèle d’économie circulaire : il s’agit de rompre le modèle de l’économie linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter) pour un modèle économique « circulaire » dont l’objectif est de produire des biens et des services de manière durable, en limitant la consommation et les gaspillages de ressources (matières premières, eau, énergie) ainsi que la production des déchets.

▪ L’innovation frugale : répondre à un besoin de manière simple et efficace en utilisant un minimum de moyens. L’innovation frugale est inspirée du concept indien Jugaad. Elle s’applique à un environnement difficile. Elle consiste à développer un produit ou service, en répondant à un besoin, avec des moyens réduits et au plus faible coût possible.  

En conclusion, la transition énergétique et le développement durable sont des sujets qui prennent de plus en plus d’importance. De nouvelles solutions d’adaptation et d’atténuation continueront à apparaître et à se développer.  

 

Source : Thèse de Dimitrina KYORLINSKA