La crise sanitaire a-t-elle accéléré et amélioré l’agilité en entreprise ?

 En cette période de crise sanitaire, plusieurs méthodes et pratiques agiles favorisent l’adaptation sur le long terme des entreprises.   

En effet, le Manifeste agile de développement de logiciels nous en apprend plus sur la philosophie agile : il est reconnu comme le document fondateur d’une nouvelle ère dans la conception de logiciels. Il n’existe pas une méthode agile, mais plus d’une vingtaine. 

Les méthodes agiles sont des objets de management qui aident les entreprises au quotidien, et qui ont évolué tout au long de leur diffusion.

Par exemple, la méthode Scrum, très utilisée pour les projets à l’échelle internationale, a fait l’objet de plusieurs mises à jour.  Elle se caractérise comme « un cadre de travail léger qui aide les personnes, les équipes et les organisations à générer de la valeur grâce à des solutions adaptatives pour des problèmes complexes ». 

De nombreuses entreprises françaises se mobilisent pour introduire et mettre en œuvre ces nouvelles approches des projets à dominante informatique. Dans le cadre de travaux de recherche, nous observons la manière dont plusieurs organisations ont déployé la méthode Scrum dans le but de conduire une transformation agile des modes de travail. 

  • L’expérimentation. La méthode propose un nouveau type de management et revoit le fonctionnement interne des équipes. Ces expérimentations sont souvent provoquées par une organisation insatisfaisante du travail ou la volonté d’un manager de renouveler la gestion de projets. 
  • L’extension d’usage. Lorsque les modes de fonctionnement sont satisfaisants à petite échelle, les méthodes agiles sont étendues à des projets de plus grande ampleur, qui mobilisent plus de personnes. On obtient une meilleure capacité des équipes à gérer les priorités et les imprévus et un meilleur fonctionnement des équipes entre elles. 
  • La généralisation. Plusieurs méthodes existent pour généraliser la capacité de compréhension et d’adaptation de tous les acteurs de l’entreprise. Il s’agit d’installer de nouvelles routines dans le quotidien des équipes.  

C’est aux managers que revient la charge de trouver les meilleures voies au quotidien pour fédérer les compétences en vue de l’accomplissement du projet.  

De nombreuses organisations utilisent ainsi la mise en place d’actions innovantes. Les programmes de transformation agile présentent différentes actions d’accompagnement (coaching, formation, événements, etc…) afin que chaque acteur de l’entreprise se sente à sa place. 

Il existe une autre approche : la méthode agile grâce au partage et au feed-back. Cette démarche, issue de l’expression d’insatisfaction des collaborateurs d’un projet, laisse les managers libres de mettre en place la méthode de leur choix. 

En somme, la crise actuelle peut être un accélérateur d’agilité avec la mise en œuvre de nouvelles méthodes destinées à favoriser l’adaptation continue de l’organisation. En effet, il s’agit de fixer des objectifs sur de courtes périodes et d’avancer pas pour gérer au mieux la situation.  

Par ailleurs, à l’heure où le télétravail se généralise, bousculant les interactions entre manager et managés, l’autogestion est une chance de générer la participation collective d’une équipe à la priorisation des tâches à accomplir. Ces actes collectifs permettent de mieux maîtriser la gestion et l’organisation des projets et de faciliter les problèmes de communication liés au travail à distance. 

Les méthodes agiles sont utilisées depuis plus de vingt ans dans des équipes qui ont déjà développé une culture du travail à distance. 

La crise sanitaire actuelle paraît une période propice pour créer et développer de nouvelles routines dans nos entreprises. 

 

Source : Harvard Business Review