La RSE devient un enjeu majeur de la finance d'entreprise

La maturité croissante des entreprises en matière de RSE signifie que les entreprises mesurent de plus en plus de données environnementales, sociales ou sociales. Pour avoir une idée précise du coût et des retombées, c’est au directeur financier et à ses collaborateurs que revient la tâche d’analyser la situation et de proposer une prévision.  

Alors qu’il était encore considéré comme « complexe, ridicule et marginal » il y a quelques années, le thème de la responsabilité sociale, sociale et écologique (RSE) s’est imposé dans la plupart des entreprises françaises. Premier témoin de la tendance, le CFO (Chief Financial Officer) est  directement impliqué dans la réflexion et la mise en œuvre de la démarche. Selon le président de la DFCG, Emmanuel Millard, c’est même un « grand sujet » pour le directeur financier.

En effet, sous la pression des marchés, des investisseurs et des banques, de plus en plus d’entreprises doivent faire preuve de  « po green » ou de « soutenable » lorsqu’elles recherchent des financements.  Les moyens ont doublé : indexation sur des obligations vertes, performances sociales, durables ou  RSE d’entreprise, mais aussi obligations convertibles adossées à des prêts bancaires, lignes de crédit, et même indicateurs de performance extra-financière.

  •  Financements durables 

Sous toutes ses formes, la part des financements durables ne cesse de croître. Certains pensent que les entreprises qui ne jouent pas le jeu peuvent rapidement avoir du mal à lever des fonds.  » Un bon profil ESG permet aujourd’hui d’obtenir un crédit plus facilement.  » Sans ce bon profil, il est impossible de lever des fonds dans un futur proche « , explique le groupe Korian, par la voix de Philippe Garin, directeur financier de l’entreprise.

Mais le sujet va au-delà du financement. Une étude menée par la société d’investissement Pimco montre que la durabilité a fait une entrée fulgurante dans les présentations de résultats d’entreprises : la mention ESG, qui apparaissait en moyenne dans 1 % des présentations entre 2005 et 2019, est désormais citée dans 20 % des ca

  1. « La volonté des entreprises d’intégrer pleinement la RSE dans leur stratégie d’entreprise n’est plus à démontrer », juge Edwige Rey, associée responsable du département RSE et développement durable chez Mazars.

 

  • Performance extra-financière 

Le dernier « Baromètre du reporting extra-financier » en France montre que 98 % des entreprises étudiées publient une stratégie RSE et y associent des engagements. 60 % d’entre elles présentent des objectifs quantitatifs avec un horizon de temps. « Le passage à la Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF) a marqué un renouveau, avec un reporting notablement plus approfondi et professionnalisé : l’objectif n’est plus de reporter des informations listées par le législateur, mais de montrer la performance extra-financière de l’entreprise dans une optique de création et de partage de valeur », détaille Edwige Rey.

Désormais alter ego de l’information financière, l’information extra-financière est devenue une composante intégrante de la performance de l’entreprise. 

En termes d’organisation ? La RSE donne un violent coup de pied dans les silos de l’entreprise, quel que soit son positionnement officiel. Certains DAF travaillent main dans la main avec des équipes logées dans un département « RSE » indépendant, ou rattachées à la communication, ou aux ressources humaines ou encore dépendant directement de la direction générale.

 

Source : Les Echos