Transition écologique : quelle stratégie d’innovation pour votre entreprise ?

Malgré de nombreux progrès, nous ne sommes qu’au début d’une transition vers des aménagements plus durables et écologiques.  

Néanmoins, pour réaliser cette transformation, les actions à court terme ne sont plus suffisantes : les industries doivent envisager des changements significatifs, sur le long terme, dans le but de minimiser les nuisances sur l’environnement et le climat. 

Face à des enjeux d’une telle ampleur, il est nécessaire de trouver des solutions innovantes à grande échelle. Ce n’est pas l’affaire de quelques entreprises seulement : les changements profonds impliquent l’ensemble des infrastructures. L’analyse des défis auxquels sont confrontées les différentes catégories d’industries, en fonction de l’urgence avec laquelle le secteur doit répondre au changement environnemental, dessine quatre zones distinctes : « Anticipation Zone », « Hazard Ahead », « Chaos Zone » et « End Zone ». 

À chaque zone correspondent des enjeux spécifiques et donc une stratégie particulière. 

  • End Zone : transformer, le plus vite possible, en profondeur. 

Concernant cette zone, il est urgent de proposer des offres commerciales et technologiques innovantes, comme pour l’industrie pétrolière et gazière. Pourtant, il existe peu d’options viables, à cause de la dépendance de ce secteur aux combustibles fossiles. C’est pourquoi des questions se posent : Comment les acteurs doivent-ils réorienter leurs activités ? Faut-il créer des entreprises différentes avec de nouveaux savoir-faire ou est-il possible de tirer profit de ce qui existe déjà ? Les défis pour les entreprises de cette zone sont importants, mais pas impossibles à relever. Malgré la gravité de la situation, il faut veiller à avoir une vue d’ensemble des options existantes et éviter l’écueil de se jeter sur les premières idées qui semblent « correctes », au risque de mobiliser de l’énergie et des ressources inutilement. 

  • Anticipation Zone : identifier les futurs terrains de jeu 

A l’opposé de la « End Zone », on trouve L’«Anticipation Zone», où se situent entre autres les secteurs des services et du numérique. Ces entreprises ne sont pas confrontées à l’urgence de réinventer leurs modes de fonctionnement actuels car elles ne sont pas considérées comme des émetteurs majeurs de gaz à effet de serre. Néanmoins, elles veulent de plus en plus prendre position pour l’environnement, et cherchent aussi un équilibre entre communication et actions concrètes, pour éviter le « greenwashing » par exemple. Pour cela, certains paramètres entrent en compte, tels que la RSE, où le responsable définit et aligne le collectif sur l’ambition et les valeurs de l’entreprise. Il s’agit de surveiller les éventuelles perturbations qui pourraient mettre la stratégie en danger, ou créer de nouvelles actions alignées sur le défi environnemental, dans la perspective  de proposer des valeurs ambitieuses, au-delà des pratiques traditionnelles de RSE. 

  • Dans la zone « Hazard Ahead »

Il n’y a pas non plus d’urgence immédiate, mais les sociétés se préparent à un changement radical de leur mode de fonctionnement. Il faut au préalable s’assurer que tous les acteurs de l’entreprise sont conscients de la nécessité d’un effort collectif. Puis seront préparés des modèles d’organisation adaptés susceptibles d’être mis en œuvre rapidement.

L’état d’esprit à adopter dans cette situation est celui d’un « performeur ». Il développe des technologies de pointe qui améliorent sensiblement l’efficacité de ses activités. L’enjeu est de trouver des cas d’application concrets, de tester ces technologies innovantes, et enfin de mesurer le degré de satisfaction justifiant la poursuite des travaux. 

  • Chaos Zone : décider et accélérer 

A l’opposé de la zone « Hazard Ahead », on trouve la « Chaos Zone » : il y a urgence à mener la transition environnementale du secteur. Les acteurs de cette industrie jonglent avec un large éventail d’innovations technologiques. Cependant, toutes ces options reposent sur des technologies et des infrastructures très différentes. Les entreprises ne peuvent pas investir dans toutes les directions en même temps ; en outre, au-delà des technologies, la solution pourrait se trouver dans l’évolution des usages ou des modèles économiques. 

Pour sortir de cette situation, il est nécessaire pour les directeurs de l’innovation, de la R&D et de la stratégie, de disposer d’une vision exhaustive des effets des innovations identifiées, de tester leur fiabilité rapidement et à moindre coût, puis de sélectionner les quelques pistes les plus valables en fonction de l’ambition et du positionnement de l’entreprise. 

La transformation passe par une analyse claire de la situation de son secteur et de son entreprise, ainsi que par la projection de la transition environnementale sur l’avenir de ses activités. Ensuite vient l’effort d’alignement collectif sur une ambition et une stratégie d’innovation adaptée. Enfin, arrive le déploiement des innovations de rupture dans le but d’atteindre ses objectifs environnementaux dans les meilleurs délais. 

 

Source: Harvard Business Review